Dans ma vie professionnelle, j’ai travaillé auprès de personnes en situation de précarité : gens du voyage, demandeurs d’asile, réfugiés, chercheurs d’emploi « en insertion » etc…

J’étais salariée pour les accompagner, leur venir en aide, les orienter.

Je me souviens de ma première expérience avec des gens du voyage : le premier terrain d’accueil officiel de la région parisienne venait d’ouvrir à Cesson, en 1979.

Avec mon collègue, nous recevions les premières caravanes le jour de l’ouverture. Je m’étais bien préparée à être accueillante, mais pas trop chaleureuse… pour tenir mon rôle… du moins c’est ce que je pensais.

En fin de journée, une dame qui venait de s’installer vient au bureau et me dit : « vous êtes là depuis ce matin à attendre les caravanes, ça doit pas être marrant … venez donc prendre un café chez nous ».

Et là je me dis : l’accueillante c’est elle, c’est elle qui m’accueille dans mon nouveau travail !

Quelques années plus tard, je travaillais dans un centre d’hébergement pour réfugiés.

A mon retour de vacances, une famille mauritanienne se présente à mon bureau, dans ses plus beaux atours, vêtements de fête.

Je leur demande : « vous vous préparez pour aller fêter un événement dans votre famille ? »

Ils me répondent : « Mais non, c’est pour toi, tu rentres de vacances, il faut que tu reprennes le travail, alors on est venu comme ça pour t’accueillir ! Toute l’année c’est toi qui t’occupes de nous, alors aujourd’hui c’est nous qui voulons te fêter. »

Ces personnes, catholiques, musulmanes, ou autres, m’ont certainement aidée par la suite à essayer de vivre l’accueil évangélique de manière plus profonde, et à témoigner ainsi de l’Évangile auprès des autres personnes que j’ai accompagnées professionnellement. Elles ont semé, pour que d’autres découvrent peut-être une autre dimension de la relation.

Anne

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Anne : Accueillir ? ou être accueillie ?